15.12.2011
Etre ou ne pas être... écrivain!
Je veux devenir écrivain. Régner sur le monde de la littérature libérale et moderne. En ma qualité de Bridget Jones du tiers-monde, j’estime que tout le monde devrait lire mes inepties. Je raconte ma vie comme si elle était un roman – je pourrai en faire un roman. Mes compatriotes malgaches seront choqués de tout ce que j’ai dans ma tête. Non, je n’ai pas regardé trop de films, je n’ai pas lu trop de livres ; j’ai juste besoin d’écrire, pour me vider la tête.
« S.O.S : Jeune fille malgache ayant dépassé l’âge de raison depuis quinze ans et plus cherche absolument tout ce qui pourrait l’aider à écrire son autobiographie pour devenir célèbre, autant que Bridget Jones. L’idéal serait deux garçons beaux et sexys, un travail dans une maison d’édition, des amis complètement fous, un cul à mettre en valeur n’importe quelle mini-jupe et des cheveux blonds… Autres idées recevables. »
Place au réalisme ; si je veux devenir écrivain, le seul moyen de me faire de l’argent c’est d’écrire des articles dans des revues juridiques, des manuels de droit, ou encore une thèse de doctorat. Pourquoi ? Pourquoi pas ? Quelle est la question – encore une fois ! Les professionnels diront que je n’ai aucune expérience, juste du talent. Que je dois m’exercer… Avec le nombre de romans que j’ai commencé à écrire. J’ai trouvé ! Dans le domaine des romans érotiques, je suis sûre d’exceller.
« S.O.S : Future diplômée en droit cherche idée de pseudonyme pour exercer le métier hasardeux d’écrivain érotique et passer incognito dans le monde invisible de la littérature pornographique malgache ! »
Avec un métier comme ça, je ne risque pas d’être élue juriste de l’année, sauf si j’écris l’histoire d’un magistrat femme nymphomane qui exerce son pouvoir, et qui, au lieu de se faire corrompre, fait du chantage à ceux qui ont le malheur de la croiser pour qu’ils tombent dans son lit et finir innocents de tous les crimes – belle perspective !
09:00 Publié dans Bridget Jones du tiers-monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Une feuille de route...déroutante?
A la manière des juristes négligeant les chiffres au profit de langages et discours politiques soutenus tels que « (…) une allocation juste et équitable des portefeuilles », la feuille de route est claire et plutôt simplement rédigée. Pour un juriste ayant une base juridique minimum, oui. Pour des politiciens affairés – et plutôt assoiffés, le doute est permis. Mais comme le doute profite au débiteur… les juristes de formation ne peuvent pas leur en vouloir.
D’ailleurs, leur en vouloir de quoi ? D’avoir chacun leur définition des mots « juste », « équitable », « consensuel » et « inclusif » ? D’avoir chacun des qualités admirables d’orateurs et de démagogues face à un peuple livré à lui-même ? Malheureusement, on ne peut contenter tout le monde et même une feuille de route clairement rédigée, quoique légèrement « floue », avec toute la bonne foi présumée des parties prenantes ne vaut encore pas grand-chose quand il s’agit pratiquement de « partager » le pouvoir et de « bâtir » une institution saine et démocratique.
Car « être en démocratie ou pas » n’est-ce pas la question ? A en revenir à la plus célèbre des définitions données à ce terme, il n’y a malheureusement aucune démocratie à Madagascar. Le pouvoir est entre les mains du plus puissant, et non entre ceux du peuple. Ce dernier a eu le malheur – ou la chance – de bien tomber au bon moment, et le voilà accusé de coup d’état ! Et pourtant, il est encore là, menant à bien ce qui semble être un plan de sortie de la crise. Plus exactement, une voie vers la reconnaissance internationale, et donc vers les aides extérieures, et seulement après vers la relance économique et monétaire, et enfin pourquoi pas vers la sortie de crise ? Oui mais… à quel prix ? C'est la question à un milliard d'euros, montant probablement encore insuffisant pour nous sortir de cette crise.
Ce qu'il leur faut, ce qu'il nous faut tous, c'est une éducation civique et politique dès l'enfance. C'est apprendre à tous les enfants à réfléchir, à analyser et pas seulement à critiquer. Un pas a été franchi grâce à la signature de cette feuille de route, des structures ont été mises en place, des aides et des partenariats sont débloqués, et que les choses changent ou pas, ces politiciens qui veulent maintenir leur pouvoir et leur influence auront toujours un mot à dire, une critique à faire. Faut-il pour autant s'attarder sur chacune des ces critiques non constructives? Il y a "consensuel" et "unilatéral".
Mais il y a surtout urgence pour avancer, avancer peut-être vers l'inconnu, sans constitution réelle et effective, sans véritable démocratie. La route est longue, la feuille de route est insuffisante et imparfaite, mais avancer d'abord, car comme le dit Paulo Coelho "le chemin se fait en cheminant".
08:48 Publié dans Politique... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, feuille de route, éducation


